Le Cpe, la circulaire en attente, l'avenir du métier.

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Le Cpe, la circulaire en attente, l'avenir du métier.

Message  Le_Chat_d'Oc le Dim 22 Juin - 16:52

Gardy Bertili, à propos de la circulaire en attente et de l'avenir du métier vient de commettre au Café pédagogique un intéressant papier :

cliquez ici

En le lisant, je pensais au cas d'un bahut - forcément fictif cela va de soi et ce serait un vrai coup de pot qu'il ressemblât à un précis de la RP - en train de dégringoler et qui se retrouve classé "Ambition réussite" par une circulaire récente.
Le bahut voisin tout aussi fictif qui a une clientèle sociologiquement proche, mais encore un peu plus "lourde", lui fonctionne et plutôt bien, des résultats convenables.
Le premier va donc bénéficier de moyens supplémentaires dont une partie devrait faire défaut aux voisins (selon le principe des vases communiquants).
Serait-ce très peu convenable d'envisager que l'on prête aux élèves une part de la faillite du premier qui ne leur revient pas ?
Celle-ci tenant à la fois aux positionnements professionnels (cf l'article); ainsi qu'aux personnes en place dans les différents services (sauf l'intendance), qui se sont révélés difficilement conciliables.
Et que l'on va en conséquence là gâcher des moyens en les remettant dans les mains d'une équipe pédagogique - direction et vie scolaire incluses - qui ne fonctionne pas correctement et qui ne fonctionnera pas moins mal avec davantage d'heures.

Pour revenir à ce qu'écrit G.B. :

En effet, comment exister en tant que CPE lorsque l’accompagnement éducatif a pour ambition de prendre en charge les élèves hors temps scolaire, lorsque les professeurs principaux s’impliquent, et heureusement, de plus en plus dans les tâches éducatives, lorsque les établissements développent des projets spécifiques de prise en charge des élèves et de la classe dans sa totalité ? Les classes dites « méthodo » ou « à projet », sont assez éclairantes à ce niveau. Les enseignants constituent des groupes de deux ou trois, mènent les entretiens, reçoivent les parents, travaillent avec les élèves leur projet d’orientation et personnel. Les résultats sont flagrants : les absences sont moins nombreuses, le décrochage n’existe quasiment pas, les problèmes sont réglés avec les élèves et au sein de l’équipe pédagogique. Du coup, le CPE a du mal à exister, il est réduit à s’occuper des absences et des retards. Il lui faut donc trouver un espace pour faire autre chose et autrement que ses traditionnelles fonctions, il lui faut s’impliquer dans ce travail d’équipe et trouver sa juste place. Et donc qu’adviendrait-il des CPE si ces « classes méthodo » se multipliaient ? Et comment exister lorsque le rôle éducatif du chef d’établissement devient encore plus affirmé et prégnant ? La mission éducative est désormais partagée, tout au moins dans le discours institutionnel, peut être encore trop incantatoire.

En ce qui concerne les chefs, il y a de tout et depuis fort longtemps :

. ceux qui estiment ne pas avoir à s'en mêler, par absence de goût ou/et d'envie de se coltiner les profs et la vie sco sur leurs terrains de prédilection et/ou de compétence supposée... -,
. ceux qui délèguent en particulier à leur adjoint, avec ou sans feuille de route,
. ceux qui s'y collent par conviction parce qu' éducateurs dans l'âme.
. ceux qui s'y collent par nécessité, espérant que là est le seul moyen de faire progresser le schmilblick avec des équipages rétifs à l'éducation et très peu convaincus de l'éducatibilité de leurs clients,
. ceux enfin qui font dans le pragmatique avec les gens en place - dont aucun n'a choisi l'autre - et qui, pour faire évoluer les comportements adultes, jugeant avoir un bon bras de levier avec ce nouvel outil d'"accompagnement éducatif", l'utiliseront.
. ceux aussi, mais depuis peu, avec les textes récents donnant un rôle de pilote pédagogique au chef, qui les appliquent sans état d'âme ou en étant content d'être encore plus chef que chef,
etc...
il y a de tout et cela dépend surtout de leur parcours personnel et de la nature de leur ambition, des gens en place aussi...

Par contre, je sens une évolution positive chez des profs qui passera - pour être durable et ne pas dépendre seulement des personnes du moment par la qualité des projet d'établissement, organisation des services et conseil pédagogique. La montée de cette prise en charge, que relate le pote de Gabrielle, par les profs et la direction n'est pas la loi générale mais, à terme si elle se confirme effectivement, fragilisera la situation des Cpe. Dont la présence ne se justifiera aux yeux de l'administration, que là où ils ne sont pas en concurrence avec quiconque, en internat, en gros bahut, en bahut de ZEP (ou autre dénomination du moment). Ils sont actuellement par leurs pratiques - quand et là où elles sont professionnelles - le reflet exact des imperfections de la salle des profs. Que celle-ci s'améliore ou qu'on l'y oblige et cela changera le métier de Cpe.
Je parierais bien que le déficit de recrutements chez les CE pour compenser les retraites et occuper tous les postes, n'est pas sans lien avec cet état des choses et l'absence de nouvelle circulaire : on espère que le temps va faire son oeuvre et les profs remis au travail éducatif.
Il faudra bien ensuite inciter des Cpe à faire des choix pour tendre à leur affectation, dans la forme actuelle, dans les seuls internat-gros bahuts-ZEP. L'excédent, par exemple, vers des jobs de direction sous une forme ou une autre, et pas nécessairement par la voie normale du concours.
Avec deux avantages pour les ministères EN et Bercy :
- un personnel de direction version light coûtera moins cher qu'un classique.
- un Cpe alors tel un cadre classique, job sur mission et non à la pointeuse, ferait bien plus d'heures de boulot qu'un CPE actuel. Donc réorganisation possible des services et embauches en Vie sco ou accompagnement de toutes sortes, réduites d'autant.

Cela ne va pas plaire à tous les Cpe, en particulier ceux qui n'avaient pas signé en entrant dans la profession pour cela.

Je fabule sans doute.


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Dernière édition par Le_Chat_d'Oc le Lun 23 Juin - 12:24, édité 1 fois

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Re: Le Cpe, la circulaire en attente, l'avenir du métier.

Message  wizzz le Dim 22 Juin - 18:16

Ce qui est drôle c'est que l'auteur n'est actuellement plus CPE, mais "faisant fonction" dans un lycée de son académie.

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Re: Le Cpe, la circulaire en attente, l'avenir du métier.

Message  TonCanicheEstSousMonPneu le Lun 23 Juin - 12:44

Tu ne fabules pas, mais ce texte enfonce des portes ouvertes, et souffre de quelques "retards" par rapport à la réalité très "plurielle" des situations sur le terrain.

Le CPE qui cherche sa place au sein des nouvelles méthodes pédagogique est une notion avec laquelle j'ai beaucoup de mal. Toute la beauté et la force de notre métier et de notre mission tient dans le fait d'être le reflet exact de ce que nous en faisons. La place occupée par un CPE dans un EPLE est le fruit exact de non niveau d'investissement et de ses centres d'intérêts professionnels et pédagogiques. Si le CPE ne fait pas l'effort de s'imposer dans les réunions de pilotages de classes au fonctionnement innovant, c'est évident qu'il va se retrouver sur la touche.

Ce bout de texte est aussi, je crois, extremement dirigiste et va à l'encontre de la tendance à l'autonomie. Ce n'est pas à l'Etat de trouver une autre mission où une autre place aux CPE, pour peu que ceux-ci se laissent mettre hors jeu, que ce soit par facilité, par flemme ou par la force des choses. La circulaire de 82 a suffisamment cadré les choses, et jusqu'à preuve du contraire, même un nettoyage du texte n'en redéfinirait pas les missions. C'est aux CPE eux même, individuellement, selon le contexte particulier lié à leur poste en établissement, de s'imposer, de (ré)inventer le métier en fonction des orientations et des besoins. Avec deux tuteurs : le CE et l'IPR.

J'ai la faiblesse de croire que la mission éducative est effectivement partagée, mais que cela fait déjà un bout de temps que cette répartition a été faite, et que les CPE qui ont du mal à s'y faire une place se prêtent finalement de bon coeur à cette difficulté. Elle réduit les missions et le temps de travail, ça fatigue moins...

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Re: Le Cpe, la circulaire en attente, l'avenir du métier.

Message  meridians le Lun 23 Juin - 19:08

TonCanicheEstSousMonPneu a écrit:Le CPE qui cherche sa place au sein des nouvelles méthodes pédagogique est une notion avec laquelle j'ai beaucoup de mal. Toute la beauté et la force de notre métier et de notre mission tient dans le fait d'être le reflet exact de ce que nous en faisons. La place occupée par un CPE dans un EPLE est le fruit exact de non niveau d'investissement et de ses centres d'intérêts professionnels et pédagogiques. Si le CPE ne fait pas l'effort de s'imposer dans les réunions de pilotages de classes au fonctionnement innovant, c'est évident qu'il va se retrouver sur la touche.

Bien, je ne sais pas où tu en es dans ton expérience de CPE le Caniche, mais je te souhaite juste de ne pas un jour te retrouver dans une situation tellement inextricable (y compris celle de ta mutation) que le fruit exact de ton niveau d'investissement en sera bien pourri. Ce n'est pas mon cas, mais je n'en suis pas loin. Mais je connais surtout quelqu'un qui vient de prendre une décision importante, la seule qui lui restait face à tant de blocages, d'immobilisme, de corporatisme, de méconnaissance, d'irresponsabilité, de méchanceté même: la mise en dispo.

Ce qui est évident, c'est que des CPE qui ne veulent pas s'investir au delà du minimum recommandé, il y en a. Combien? Moi, je n'ai pas de chiffres... Ce qui est certain aussi, c'est que bon nombre de collègues rencontrent au quotidien des situations de blocages très divers sur lesquels leurs leviers d'action sont inopérants. Mais pour ne pas raconter de salades, je ne citerai que ce que je connais le mieux.

- un CE qui aura en 4 ans sclérosé l'ensemble de la vie du lycée, et pas seulement la VS. Même l'amicale des mémères des sections tertiaires a fini par crever. Moi, je suis un "jeune" collègue. je savais qu'un CE pouvais avoir de l'influence à bien des niveaux mais à ce point, je n'avais jamais rencontré... Le jeune PA aux dents longues ne nous aura tenu ses beaux discours qui regonflaient un peu le moral que quelques semaines, vite rentré dans le rang, "c'est qui le chef ici?" Ce bahut mettra des années et des années à s'en remettre, s'il s'en remet (ambiance de travail, réputation en ville, perte d'élèves, de sections...). Ceci dit, sur certains aspect, ce CE a trouvé des appuis solides...

- ...en l'espèce, des enseignants aussi "old school" que lui, réfractaires à la moindre parcelle de travail en équipe/ Oh, je ne parle même pas de suivi élève avec le CPE; j'évoque juste une coordination d'équipe disciplinaire ou de classe, impossible à mettre en place. ici, l'autonomie pédagogique confine à l'autarcie et beaucoup se foutent bien de mettre le collègue d'à coté, celui de l'heure suivante ou le PP dans la merde. Mais il n'y a pas que les vieux à blâmer. Pas mal de jeunes aussi ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, n'étant de ceux qui freinent le moins des 4 fers, y compris tout juste rentrés de leur service national en zones défavorisées où je les imagine très bien investis dans des tas de projets, à ne pas compter leurs heures, tous les 4 matins dans le bureau du CPE pour s'enquérir de la situation de tel ou tel élève. La pré-retraite au bout de 5, 6, 10 de service. Ce sont perso ceux qui me déçoivent le plus, question de génération j'imagine.

- Et j'ajouterai en 3 une espèce d'impression plus générale dans laquelle j'inclu tout le monde, élèves et parents avec, celle d'un système qui ronronne gentiment. Pas un mauvais bahut, c'est globalement calme, pas trop de soucis individuels, les taux sont bons; bref, pas vraiment de raison que ça chute parce qu'on ne vient pas, parce qu'on ne bosse pas comme il faudrait. Tout le monde le sait mais à peine les jérémiades des conseils de classes du 3ème trimestre éteintes que succèdent les cris de joie des lauréats au bac. Et on recommence. Pourquoi changer un système qui, quoiqu'on en dise ailleurs, fonctionne car produisant ce qu'il est conçu pour produire: du bachelier. Les 10 - 20% laissé de côté, c'est du menu fretin pour CPE, rien de grave. Surtout que, pour peu qu'on fasse bien notre boulot, le carreau, ils n'y restent pas vraiment et au final, quasiment tout le monde est content quand même...

Bref, des leviers trop lourds pour nos petits bras de CPE, il y en a et ton jugement un peu définitif dans l'esprit du "on a que ce qu'on mérite" me semble sérieusement manquer de nuance.

Pour terminer, puisqu'on ne se connait pas, je te dirai juste sans m'encombrer de fausse modestie qu'il y a deux ans, j'étais le pilier d'une grosse vie scolaire de ZEP en IDF, présent sur tous les coups, dans les petits papiers du CE, pompiers de service (hum... à tous les sens du terme) mais aussi à l'initiative, à la co-initiative de projets de suivi dans lequel j'ai embarqué des profs. C'était dur, ça m'a usé, physiquement, personnellement, mais je m'y suis éclaté. J'ai voulu (nous avons voulu) partir d'IDF essentiellement pour préserver l'aspect personnel. Je m'attendais à ces changements, j'en ai provoqués aussi. En arrivant ici, mon égo en a pris un coup mais ça, c'est pas grave. Je n'ai en tout cas pas laissé derrière moi toute ma gnak et mes idéaux éducatifs et pédagogiques. J'attends juste qu'on me redonne du champs, cet espace que je ne peux pas prendre actuellement. Un nouveau CE à la rentrée. Politiquement plutôt un gars qui aura intérêt à montrer ce qu'il fait et donc faire, faire faire, solliciter, impulser, donner vie à... Alors on verra si on peut essayer de regagner un peu de terrain.

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