Le film
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Le film

Est-il incontournable ?
Le Chat d'Oc

Le_Chat_d'Oc- invité de marque

- Messages: 310
Date d'inscription: 06/02/2008
Re: Le film
J'avais dit que j'en parlerai.
Et il y a tant à dire que j'ai choisi de m'en tenir au fil conducteur que j'appelle " La guerre des mots ". S'il y a débat, je parlerai du reste.
Film incontournable ?
Oui pour les personnes extérieures aux EPLE, mais pas pour nous, personnels qui y travaillons. Nous n’y apprenons rien ( ce n’est pas un documentaire, c’est du réel-fiction ), on voit ce qu’il se passe « Entre les murs » d’ une classe pendant les cours de français.
Film très réaliste.
D’ailleurs, l’effet miroir est déstabilisant et c’est bien ce qui nous travaille après.
J’ai tout de même été parfois gagnée par l’ennui car voir à l’écran ce que l’on vit au quotidien n’est pas très excitant et ce d’autant plus lorsque c'est joué par des acteurs amateurs.Leur jeu est perceptible à l’écran. Paradoxalement, c’est ce qui ,à mon avis, donne la touche réaliste du film.
Mr MARIN, le prof joué par François BEGAUDEAU ( lui-même ancien prof de français, détaché de l’EN depuis quelques années ) tente une pédagogie risquée puisqu’il parle d’égal à égal avec ses élèves. Il se veut être un prof « Démocrate » à l’opposé des « Républicains » qui imposent une distance entre eux et les élèves.
Son intention est louable à vouloir montrer son humanisme, à respecter la subjectivité de chacun de ses élèves, à vouloir leur apprendre la subtilité de la langue française qu’ils ne maîtrisent pas car nombre d’entre eux ont des parents étrangers qui ne parlent pas le français et habitent dans des quartiers ghettos.
Seulement, il s’enfonce petit à petit dans une impasse qui débouchera sur un clash et donnera lieu en bout de course à un conseil de discipline.
Avant d’en arriver au CD, une guerre des mots s’enclenche entre cette classe de 4è d’un collège ZEP de Paris et leur prof. Qui aura le dernier mot ?
Au début, on voit que le prof jubile dans cette confrontation orale avec ses élèves. Il sait que leur culture est essentiellement basée sur l’ oralité. Ils profitent de cette liberté de parole. Tout va très vite. Se sentant à l'aise, ils déballent. C'est aussi un moyen pour le prof de saisir comment ils réfléchissent, sur quoi ils construisent leurs idées.
Les dérapages de la part des élèves sont nombreux, certains se montrent franchement insolents, les vannes fusent, refus de travailler.
Où se situe le seuil de tolérance du prof ?
C’est la question que se posent certainement les élèves mais aussi les spectateurs.
Le prof, lui aussi n’est pas en reste. Il charrie souvent les élèves. Nous, spectateurs, craignons le dérapage.
Il dit aussi des conneries.
- « Si l’Autriche disparaissait personne ne s’en rendrait compte ». Ah bon ?
Les élèves ne relèvent pas.
Ca y est. Comme on s'y attendait, le prof a dérapé. Il dit des déléguées qu’elles ont eu un comportement de pétasses en conseil de classe ( elles pouffaient de rire et mangeaient bruyamment.Aucun adulte ne leur fait de remarques ).
Il essaie tant bien que mal de s’expliquer mais rien n’y fait. Les élèves et le prof ne donnent pas le même sens à ce mot. Pour les élèves le mot « pétasse » signifie « prostituée ».
C’est l’enlisement, la rébellion n’est pas loin.
Puis le clash a lieu dans cet échange avec un élève ( dont il avait dit en conseil de classe qu'il était " limité " ) .Ce dernier furieux se lève brutalement pour sortir de la classe et sur son passage, avec son sac, il blesse involontairement une élève.
Le CD est alors convoqué.
Au final, dans cette guerre des mots, il y a une élève blessée et un élève exclu que ses parents enverront au Mali.
Culpabilité du prof.
Et la CPE dans tout ça ?
D’abord, on la voit faire passer une pétition ou une collecte ( je ne sais plus ) pour soutenir un élève sans papiers.
Puis, on la voit dire discrètement au prof que son propos « pétasse » fait des remous dans l’établissement.
On comprend par la suite que ce sont les élèves qui sont allés la voir. Le prof leur en a tenu rigueur. Ils lui ont riposté, qu’après tout, ils avaient agi comme lui qui s’en réfère à la CPE quand il y a un problème avec un élève.
Cette fois, ils considèrent que c’est lui qui a fauté, il doit donc être puni comme eux le sont quand ils ont fauté.
Notre prof démocrate ne peux rien riposter à cela. Il leur fait juste remarquer, qu’il aurait préféré que cela se règle entre-eux.
Et c’est bien là le problème, il est trop dans l’affectif.
Dans ce film de nombreux autres sujets sont survolés, tels que les élèves sans papiers, les familles mono - parentales, les élèves primo arrivants, l’ennui, les bons élèves à qui on demande d’être aussi moteur de la classe et qui exaspèrent les profs quand ils ne le sont pas.
Il montre aussi que beaucoup d’élèves démunis de la culture dominante vont droit à l’échec s’ils ne s’accrochent pas.
On est face aux lacunes, à la culture du pauvre face à la culture aristocratique qui éjectera nombreux élèves du système qui n’a pas été conçu pour eux..
Mr MARIN a de l’empathie pour ses élèves, il se jette corps et âme dans ce dilemme avec un ego certes démesuré ( tête à claques parfois ) mais il tente à sa manière de lutter contre ce déterminisme social. Et rien que pour ça, je l’aime bien Mr MARIN.

P.S : J'ai oublié de dire que l'épicier est le personnage ridicule du film. Juré, je n'ai pas participé à l'écriture du scénario.
Et il y a tant à dire que j'ai choisi de m'en tenir au fil conducteur que j'appelle " La guerre des mots ". S'il y a débat, je parlerai du reste.
Film incontournable ?
Oui pour les personnes extérieures aux EPLE, mais pas pour nous, personnels qui y travaillons. Nous n’y apprenons rien ( ce n’est pas un documentaire, c’est du réel-fiction ), on voit ce qu’il se passe « Entre les murs » d’ une classe pendant les cours de français.
Film très réaliste.
D’ailleurs, l’effet miroir est déstabilisant et c’est bien ce qui nous travaille après.
J’ai tout de même été parfois gagnée par l’ennui car voir à l’écran ce que l’on vit au quotidien n’est pas très excitant et ce d’autant plus lorsque c'est joué par des acteurs amateurs.Leur jeu est perceptible à l’écran. Paradoxalement, c’est ce qui ,à mon avis, donne la touche réaliste du film.
Mr MARIN, le prof joué par François BEGAUDEAU ( lui-même ancien prof de français, détaché de l’EN depuis quelques années ) tente une pédagogie risquée puisqu’il parle d’égal à égal avec ses élèves. Il se veut être un prof « Démocrate » à l’opposé des « Républicains » qui imposent une distance entre eux et les élèves.
Son intention est louable à vouloir montrer son humanisme, à respecter la subjectivité de chacun de ses élèves, à vouloir leur apprendre la subtilité de la langue française qu’ils ne maîtrisent pas car nombre d’entre eux ont des parents étrangers qui ne parlent pas le français et habitent dans des quartiers ghettos.
Seulement, il s’enfonce petit à petit dans une impasse qui débouchera sur un clash et donnera lieu en bout de course à un conseil de discipline.
Avant d’en arriver au CD, une guerre des mots s’enclenche entre cette classe de 4è d’un collège ZEP de Paris et leur prof. Qui aura le dernier mot ?
Au début, on voit que le prof jubile dans cette confrontation orale avec ses élèves. Il sait que leur culture est essentiellement basée sur l’ oralité. Ils profitent de cette liberté de parole. Tout va très vite. Se sentant à l'aise, ils déballent. C'est aussi un moyen pour le prof de saisir comment ils réfléchissent, sur quoi ils construisent leurs idées.
Les dérapages de la part des élèves sont nombreux, certains se montrent franchement insolents, les vannes fusent, refus de travailler.
Où se situe le seuil de tolérance du prof ?
C’est la question que se posent certainement les élèves mais aussi les spectateurs.
Le prof, lui aussi n’est pas en reste. Il charrie souvent les élèves. Nous, spectateurs, craignons le dérapage.
Il dit aussi des conneries.
- « Si l’Autriche disparaissait personne ne s’en rendrait compte ». Ah bon ?
Les élèves ne relèvent pas.
Ca y est. Comme on s'y attendait, le prof a dérapé. Il dit des déléguées qu’elles ont eu un comportement de pétasses en conseil de classe ( elles pouffaient de rire et mangeaient bruyamment.Aucun adulte ne leur fait de remarques ).
Il essaie tant bien que mal de s’expliquer mais rien n’y fait. Les élèves et le prof ne donnent pas le même sens à ce mot. Pour les élèves le mot « pétasse » signifie « prostituée ».
C’est l’enlisement, la rébellion n’est pas loin.
Puis le clash a lieu dans cet échange avec un élève ( dont il avait dit en conseil de classe qu'il était " limité " ) .Ce dernier furieux se lève brutalement pour sortir de la classe et sur son passage, avec son sac, il blesse involontairement une élève.
Le CD est alors convoqué.
Au final, dans cette guerre des mots, il y a une élève blessée et un élève exclu que ses parents enverront au Mali.
Culpabilité du prof.
Et la CPE dans tout ça ?
D’abord, on la voit faire passer une pétition ou une collecte ( je ne sais plus ) pour soutenir un élève sans papiers.
Puis, on la voit dire discrètement au prof que son propos « pétasse » fait des remous dans l’établissement.
On comprend par la suite que ce sont les élèves qui sont allés la voir. Le prof leur en a tenu rigueur. Ils lui ont riposté, qu’après tout, ils avaient agi comme lui qui s’en réfère à la CPE quand il y a un problème avec un élève.
Cette fois, ils considèrent que c’est lui qui a fauté, il doit donc être puni comme eux le sont quand ils ont fauté.
Notre prof démocrate ne peux rien riposter à cela. Il leur fait juste remarquer, qu’il aurait préféré que cela se règle entre-eux.
Et c’est bien là le problème, il est trop dans l’affectif.
Dans ce film de nombreux autres sujets sont survolés, tels que les élèves sans papiers, les familles mono - parentales, les élèves primo arrivants, l’ennui, les bons élèves à qui on demande d’être aussi moteur de la classe et qui exaspèrent les profs quand ils ne le sont pas.
Il montre aussi que beaucoup d’élèves démunis de la culture dominante vont droit à l’échec s’ils ne s’accrochent pas.
On est face aux lacunes, à la culture du pauvre face à la culture aristocratique qui éjectera nombreux élèves du système qui n’a pas été conçu pour eux..
Mr MARIN a de l’empathie pour ses élèves, il se jette corps et âme dans ce dilemme avec un ego certes démesuré ( tête à claques parfois ) mais il tente à sa manière de lutter contre ce déterminisme social. Et rien que pour ça, je l’aime bien Mr MARIN.
P.S : J'ai oublié de dire que l'épicier est le personnage ridicule du film. Juré, je n'ai pas participé à l'écriture du scénario.

Dernière édition par Savane le Lun 29 Sep - 9:05, édité 1 fois

Savane- habitué

- Messages: 70
Date d'inscription: 17/02/2008
Re: Le film
Savane a écrit:
J'avais dit que j'en parlerai. [...]
C'était pas pour bousculer, je savais que nous aurions ton sentiment au moment que tu choisirais.
Mais d'autres auront pu aller le voir et/ou avoir lu le bouquin.
Pour tout te dire, c'est une déferlante de commentaires et très divergents au-delà du France-inter, du télérama, du monde.fr, du N.Obs. du libé, des forums autorisés, des confidentiels, des blogs de référence comme des intimistes...
Résultat, chez moi, l'envie s'estompe d'aller le voir.
D'où ma formulation.
Le livre, je le lirai mais parce plus sensible à l'écrit qu'à l'image et au son.
Savane a écrit:
[...]
Il montre aussi que beaucoup d’élèves démunis de la culture dominante vont droit à l’échec s’ils ne s’accrochent pas. On est face aux lacunes, à la culture du pauvre face à la culture aristocratique qui éjectera nombreux élèves du système qui n’a pas été conçu pour eux..
...
Savane a écrit:
Mr MARIN a de l’empathie pour ses élèves, il se jette corps et âme dans ce dilemme avec un ego certes démesuré ( tête à claques parfois ) mais il tente à sa manière de lutter contre ce déterminisme social. Et rien que pour ça, je l’aime bien Mr MARIN.
...
Savane a écrit:
P.S : J'ai oublié de dire que l'épicier est le personnage ridicule du film. Juré, je n'ai pas participé à l'écriture du scénario.
C'est la première fois que je lis ou entend quelque chose à propos de cela.
Je vais donc devoir y aller fissa constater le méfait du cinéaste, car,
- un, les gestionnaires vont être de méchante humeur parce qu'une fois de plus, on les ignore ou ne rend pas une image juste de leur labeur...
- deux, le V.I. va se payer une place au cinéma.
- trois, il va revenir furieux.
- quatre, il va falloir préparer argumentaire avant son retour du ciné... à moins que tu t'en charges?
As-tu lu le commentaire de Daisy chez Gab à propos du CPE, est-ce juste ?
Le Chat d'Oc

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