Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark...
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Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark...
... ecrivait l'autre.
Il y a quelquechose de pourri aussi dans l'EN, pourrait on poursuivre...
En 1993, j'appartenais encore à la douce caste des élèves, bien loin de me douter que j'allais un jour basculer du côté obscure de la force... Avec le recul, et sans fanfaronner pour autant, je faisais partie d'une classe de fortes têtes, parmi lesquelles la mienne dépassait plus souvent qu'à son tour. Une classe terrible dont la CPE ( que je croise depuis au réseau du coin... ) se souvient encore. Un conglomérat de caractères de cochon, frondeurs mais pas méchants, très joueurs et très feignants. Une purge de classe, solidaire comme un seul homme, vicieuse au possible, totalement immature et préoccupée par le seul instant présent et de la façon de le faire passer le plus drôlement possible.
Le seul hic, c'est que, après un mois de septembre houleux, nous nous sommes retrouvés tenus d'une main de fer par la majorité des profs, chapeauté par la CPE en question. Il existait cependant des failles, trois profs que nous bordélisions parfois, et une quatrième a qui, mea culpa, moi le premier, nous avons fait vivre un enfer.
Durant les cours de cette brave damoiselle, nous avons tout fait. Concours de sarbacannes, concours de fléchettes, concours de basket... Tout ce qui pouvait se jeter à travers la salle le fut, nourriture, fourniture scolaire, et même un annuaire... Les hurlements histériques de la pauvrette ne faisaient que déclencher nos fous rires. Nous lui avions démonté les vis de son bureau, qui bien entendu s'effondra. Nous lui avions collé ses manuels de cours, car nous avions en nos rangs un fils de serrurier qui savait toutes les ouvrir ou presque, d'où un accès facile aux armoires de cette salle de cours. Nous avions enduit ses craies de glue, dessiné et écrit les pitres horreurs derrière son tableau lorsque cette pauvre malheureuse allait éclater en sanglots dans les couloirs, avant de se reprendre, de retrouver des forces pour retourner dans le zoo.
Je vous passe les concours de pêts, de rôts, les talents d'imitateurs d'un d'entre nous, qui la singeait à merveille. Nous avions quelque peu toiletté le "un deux trois soleil", dans une version qui consistait à changer de place en se rapprochant le plus possible du tableau sans qu'elle ne s'en rende compte. Le gagnant se faisait payer le flipper dans le troquet d'en face. Comme nous étions joueurs, dans le même esprit, nous avions monté un système de pari sur l'heure à laquelle elle irait appeler à la rescousse la CPE.
Je vous jure que tout ce que je viens de vous détailler est vrai. Quinze ans après j'ai le souvenir des ces trois heures de cours hebdomadaire comme d'une vaste hallucination, créneau de liberté et de foutoir total durant lequel, du bas de nos quinze ans, nous ne réalisions pas à quel point nous étions des ordures. Pourtant je peux vous garantir que la CPE était aussi crainte que la prof était dépassée. Collectivement, ou dans son bureau, j'ai pris des soufflantes terribles. Ses interventions en classe s'entendaient dans tous les étages. Et pourtant, à peine qu"on l'entendait, le bordel reprenait.
Classe de tarés, me direz vous... Certainement. Les autres classes lui firent voir pourtant des choses pires encore. Dans notre classe à forte dominante masculine, personne n'osa montrer son cul ou le reste. Ce fut pourtant fait ailleurs.
La légende dit que des cours de cette fameuse mademoiselle, naquirent 3 conseils de discipline.
Pourquoi cette prof là fut elle dévorée par tous les groupes classes qu'elle croisait? Charisme inexistant, voix criarde mais frêle, physique particulier, tenue vestimentaire très Neuilly Versailles. Avec le recul elle avait aussi et surtout tout faux sur les techniques de base de gestion de classe. Et je ne parle même pas du contenu des cours, ni même de leur forme : même les cahiers des excellents élèves étaient vides ou presque tant il fallait s'accrocher pour suivre et comprendre.
Bref, 15 ans après, la CPE d'alors me révèle que cette brave fille était néotit, qu'elle fut un cauchemar à gérer pour la Direction, qu'un IEN déclara n'avoir jamais rien vu de semblable et qu'une inspection fut l'occasion d'excès notoires de la part d'une classe pourtant réputée sage. Elle disparut du lycée l'année d'après, certainement radiée.
Et là, ce soir,au détour d'une conversation avec un ami, je constate avec stupeur que cette femme là est en activité, à 30 bornes des lieux des crimes précedemment confessés. Et que le bordel regne toujours autant dans ses 55 minutes durant lesquelles elle est censée faire cours; si ce n'est dans les classes au profil hyperélitiste desquelles elle a héritée depuis, sans doute une récompense du fait des rapports élogieux nés de ses diverses inspections.
Alors oui, il y a des trucs que je ne comprendrais jamais, entre autres sur l'incapacité du système à mettre hors d'usage ce genre de profs. Parce que le collègue qui nous a récupéré l'année d'après, non seulement il rétablit l'ordre dans la classe en trois coups de cuiller, mais en plus il fit en neuf mois le programme de dix-huit, avec en guise de réponse à ceux qui gueulaient fasse à l'avalanche de travail un cinglant "vous n'aviez qu'à être moins cons l'année dernière"; imparable.
Mais combien de classes, en 15 ans, eurent la chance d'une telle reprise en main?
Il y a quelquechose de pourri aussi dans l'EN, pourrait on poursuivre...
En 1993, j'appartenais encore à la douce caste des élèves, bien loin de me douter que j'allais un jour basculer du côté obscure de la force... Avec le recul, et sans fanfaronner pour autant, je faisais partie d'une classe de fortes têtes, parmi lesquelles la mienne dépassait plus souvent qu'à son tour. Une classe terrible dont la CPE ( que je croise depuis au réseau du coin... ) se souvient encore. Un conglomérat de caractères de cochon, frondeurs mais pas méchants, très joueurs et très feignants. Une purge de classe, solidaire comme un seul homme, vicieuse au possible, totalement immature et préoccupée par le seul instant présent et de la façon de le faire passer le plus drôlement possible.
Le seul hic, c'est que, après un mois de septembre houleux, nous nous sommes retrouvés tenus d'une main de fer par la majorité des profs, chapeauté par la CPE en question. Il existait cependant des failles, trois profs que nous bordélisions parfois, et une quatrième a qui, mea culpa, moi le premier, nous avons fait vivre un enfer.
Durant les cours de cette brave damoiselle, nous avons tout fait. Concours de sarbacannes, concours de fléchettes, concours de basket... Tout ce qui pouvait se jeter à travers la salle le fut, nourriture, fourniture scolaire, et même un annuaire... Les hurlements histériques de la pauvrette ne faisaient que déclencher nos fous rires. Nous lui avions démonté les vis de son bureau, qui bien entendu s'effondra. Nous lui avions collé ses manuels de cours, car nous avions en nos rangs un fils de serrurier qui savait toutes les ouvrir ou presque, d'où un accès facile aux armoires de cette salle de cours. Nous avions enduit ses craies de glue, dessiné et écrit les pitres horreurs derrière son tableau lorsque cette pauvre malheureuse allait éclater en sanglots dans les couloirs, avant de se reprendre, de retrouver des forces pour retourner dans le zoo.
Je vous passe les concours de pêts, de rôts, les talents d'imitateurs d'un d'entre nous, qui la singeait à merveille. Nous avions quelque peu toiletté le "un deux trois soleil", dans une version qui consistait à changer de place en se rapprochant le plus possible du tableau sans qu'elle ne s'en rende compte. Le gagnant se faisait payer le flipper dans le troquet d'en face. Comme nous étions joueurs, dans le même esprit, nous avions monté un système de pari sur l'heure à laquelle elle irait appeler à la rescousse la CPE.
Je vous jure que tout ce que je viens de vous détailler est vrai. Quinze ans après j'ai le souvenir des ces trois heures de cours hebdomadaire comme d'une vaste hallucination, créneau de liberté et de foutoir total durant lequel, du bas de nos quinze ans, nous ne réalisions pas à quel point nous étions des ordures. Pourtant je peux vous garantir que la CPE était aussi crainte que la prof était dépassée. Collectivement, ou dans son bureau, j'ai pris des soufflantes terribles. Ses interventions en classe s'entendaient dans tous les étages. Et pourtant, à peine qu"on l'entendait, le bordel reprenait.
Classe de tarés, me direz vous... Certainement. Les autres classes lui firent voir pourtant des choses pires encore. Dans notre classe à forte dominante masculine, personne n'osa montrer son cul ou le reste. Ce fut pourtant fait ailleurs.
La légende dit que des cours de cette fameuse mademoiselle, naquirent 3 conseils de discipline.
Pourquoi cette prof là fut elle dévorée par tous les groupes classes qu'elle croisait? Charisme inexistant, voix criarde mais frêle, physique particulier, tenue vestimentaire très Neuilly Versailles. Avec le recul elle avait aussi et surtout tout faux sur les techniques de base de gestion de classe. Et je ne parle même pas du contenu des cours, ni même de leur forme : même les cahiers des excellents élèves étaient vides ou presque tant il fallait s'accrocher pour suivre et comprendre.
Bref, 15 ans après, la CPE d'alors me révèle que cette brave fille était néotit, qu'elle fut un cauchemar à gérer pour la Direction, qu'un IEN déclara n'avoir jamais rien vu de semblable et qu'une inspection fut l'occasion d'excès notoires de la part d'une classe pourtant réputée sage. Elle disparut du lycée l'année d'après, certainement radiée.
Et là, ce soir,au détour d'une conversation avec un ami, je constate avec stupeur que cette femme là est en activité, à 30 bornes des lieux des crimes précedemment confessés. Et que le bordel regne toujours autant dans ses 55 minutes durant lesquelles elle est censée faire cours; si ce n'est dans les classes au profil hyperélitiste desquelles elle a héritée depuis, sans doute une récompense du fait des rapports élogieux nés de ses diverses inspections.
Alors oui, il y a des trucs que je ne comprendrais jamais, entre autres sur l'incapacité du système à mettre hors d'usage ce genre de profs. Parce que le collègue qui nous a récupéré l'année d'après, non seulement il rétablit l'ordre dans la classe en trois coups de cuiller, mais en plus il fit en neuf mois le programme de dix-huit, avec en guise de réponse à ceux qui gueulaient fasse à l'avalanche de travail un cinglant "vous n'aviez qu'à être moins cons l'année dernière"; imparable.
Mais combien de classes, en 15 ans, eurent la chance d'une telle reprise en main?
wizzz- habitué

- Messages: 79
Date d'inscription: 27/03/2008
Re: Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark...
Put...de débat que tu lances là mon cher Wizzz !
J'suis trop vanné pour répondre quoi que ce soit d'intelligent à ce propos ce soir. Mais j'essaie d'y repasser demain.
(journée de merde !!!)

J'suis trop vanné pour répondre quoi que ce soit d'intelligent à ce propos ce soir. Mais j'essaie d'y repasser demain.
(journée de merde !!!)
wizzz a écrit:Quand on le charisme d'une gaufrette émiettée sous un préau et le QI d'une autruche grabataire, on devrait se faire petit...

Tio- le patron du bistrot
- Messages: 227
Date d'inscription: 22/10/2007

Re: Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark...
Ce témoignage met en lumière plusieurs questions auxquelles l'institution peine à répondre.
Que faire avec ce type de personnel ? (Si vous me le permettez, je vais élargir un peu le débat parce que je connais des billes dans toutes les professions de notre grande maison ! chefs, agents, gestionnaires, docs, CPE : aucun corps n'est épargné par l'incompétence et la médiocrité.)
Je suis partagé sur cette question là. Je vais donc prendre deux exemples :
Prenons d'abord une prof d'anglais qui cumule : parano, incompétence dans sa matière moultes fois soulignée par les inspections successives, incapacité à gérer une classe; même pépère, mauvaise fois caractérisée (les profs précédents n'ont pas su inculquer les bases à ces petits cons - d'ailleurs et je fais là une parenthèse dans la parenthèse, vous avez remarqué comment les bases ont toujours bon dos : "il a pas les bases, je ne peux rien faire" ? ça serait ptêt le bon moment de se sortir les doigts du fion et d'essayer de lui faire apprendre ces put... de bases, non ? enfin bon, passons)
Donc cette prof cumule : elle accuse l'Administration (dont je fais partie, bien entendu) de ne pas la soutenir, de la harceler ; elle dit partout qu'elle bosse dans le bronx alors que le public du collège est plutôt paisible ;et j'en passe et des meilleures. Réponse de l'Institution : elle est titulaire, on ne peut rien faire.
Vous voyez où je veux en venir ? On a titularisé quelqu'un qui ne se préoccupe absolument pas de savoir si les gamins progressent en anglais: quelqu'un qui ne se remet pas en question; quelqu'un qui a été inspecté 10 fois sans aucun autre résultat que de bloquer son avancement. Et on ne touche pas à ce quelqu'un à cause de son statut de fonctionnaire. (C'est le CE, l'adjoint et le CPE qui doivent éponger les conneries de madame.)
Prenons ensuite une prof de ... on va dire français. Elle est incapable de tenir ces classes et ses cours sont nazes. Je sais, j'ai pas le droit de juger mais il suffit de comparer les cahiers des gamins du même niveau et qui ont une autre prof pour se faire une idée.
Mais. (ben oui, il y a un mais). Elle fait des efforts, essaie de comprendre ce qui se passe, se remet en question. Et surtout, elle est reconnaissante envers les gens qui l'aident (et ils sont nombreux).
Et là ? L'Institution ne fait rien de plus. Elle est pas au point la dame mais elle essaie. On couvre (si vous avez suivi depuis le début, on c'est le CE, l'adjoint et ma pomme). Tout va bien.
Pour faire court, la première, faudrait la lourder (on pourrait éventuellement lui laisser une année pour se refaire et l'évaluer (chef, inspecteur) en lui donnant des objectifs réalistes à court, moyen et long terme). La seconde devrait bénéficier d'une formation avec un collègue chevronné dans un bahut comme celui de Wizzz, histoire qu'elle puisse pécho des trucs et voir le décalage entre les gamins qu'elle a en classe et ceux d'une banlieue animée. Ce petit stage de découverte devrait d'ailleurs être proposé à la première histoire qu'elle puisse enfin se rendre compte de la chance qu'elle a d'être dans ma boutique.
Une autre question qui me vient naturellement à l'esprit (embrumé du CPE du soir); c'est celle de l'évaluation des personnels.
Le système actuel trouve ses limites assez rapidement. On en a déjà parlé là
Je pense effectivement qu'il ne serait pas inconcevable d'être évalué sur des objectifs précis. L'entretien individuel me paraît être un bon commencement de démarche. Si on pousse le raisonnement un peu, on pourrait imaginer une lettre de mission du CE (avec avis de l'inspecteur VieSco ou de spécialité) sur la base d'un diagnostic (fait par nous-mêmes) de notre pratique.
Il s'agirait alors de bosser sur les écarts. Cela reste à creuser. Mais ce sera toujours moins mécanique et artificiel que le système actuel.
Enfin, la dernière question qui m'agite les neurones c'est celle posée par les profils de poste.
Des bahuts "difficiles", ça existe et ça existera toujours. Y arrivent chaque année des néotits qui n'ont parfois jamais vu un gamin depuis les années où ils se trouvaient eux-mêmes sur les bancs de l'école. C'est un passage quasi obligé. Tu commences dans la fonction, tu vas donc en chier.
A mon sens, ces bahuts-là devraient être constitués d'équipes de personnels recrutés sur des profils particuliers pour une durée minimale contractualisée. Se pose la question alors du "comment on les fait venir et rester dans de tels bahuts ?" Promotion plus rapide ? indemnité (une vraie, à la mesure du boulot que ça représente) ?
Bien entendu, des néotits ultra motivés qui aimeraient y venir et y rester devrait pouvoir le faire.
Voilà, c'est tout pour ce soir.
Au fur et à mesure de l'écriture, je me suis posé tout un tas de questions supplémentaires. Là je vais répondre à la dernière qui vient de me chatouiller la caboche : Haut médoc ou Cahors ?
Ce sera Cahors.
A votre santé (pour ceux qui sont restés jusque là)
Tio
Que faire avec ce type de personnel ? (Si vous me le permettez, je vais élargir un peu le débat parce que je connais des billes dans toutes les professions de notre grande maison ! chefs, agents, gestionnaires, docs, CPE : aucun corps n'est épargné par l'incompétence et la médiocrité.)
Je suis partagé sur cette question là. Je vais donc prendre deux exemples :
Prenons d'abord une prof d'anglais qui cumule : parano, incompétence dans sa matière moultes fois soulignée par les inspections successives, incapacité à gérer une classe; même pépère, mauvaise fois caractérisée (les profs précédents n'ont pas su inculquer les bases à ces petits cons - d'ailleurs et je fais là une parenthèse dans la parenthèse, vous avez remarqué comment les bases ont toujours bon dos : "il a pas les bases, je ne peux rien faire" ? ça serait ptêt le bon moment de se sortir les doigts du fion et d'essayer de lui faire apprendre ces put... de bases, non ? enfin bon, passons)
Donc cette prof cumule : elle accuse l'Administration (dont je fais partie, bien entendu) de ne pas la soutenir, de la harceler ; elle dit partout qu'elle bosse dans le bronx alors que le public du collège est plutôt paisible ;et j'en passe et des meilleures. Réponse de l'Institution : elle est titulaire, on ne peut rien faire.
Vous voyez où je veux en venir ? On a titularisé quelqu'un qui ne se préoccupe absolument pas de savoir si les gamins progressent en anglais: quelqu'un qui ne se remet pas en question; quelqu'un qui a été inspecté 10 fois sans aucun autre résultat que de bloquer son avancement. Et on ne touche pas à ce quelqu'un à cause de son statut de fonctionnaire. (C'est le CE, l'adjoint et le CPE qui doivent éponger les conneries de madame.)
Prenons ensuite une prof de ... on va dire français. Elle est incapable de tenir ces classes et ses cours sont nazes. Je sais, j'ai pas le droit de juger mais il suffit de comparer les cahiers des gamins du même niveau et qui ont une autre prof pour se faire une idée.
Mais. (ben oui, il y a un mais). Elle fait des efforts, essaie de comprendre ce qui se passe, se remet en question. Et surtout, elle est reconnaissante envers les gens qui l'aident (et ils sont nombreux).
Et là ? L'Institution ne fait rien de plus. Elle est pas au point la dame mais elle essaie. On couvre (si vous avez suivi depuis le début, on c'est le CE, l'adjoint et ma pomme). Tout va bien.
Pour faire court, la première, faudrait la lourder (on pourrait éventuellement lui laisser une année pour se refaire et l'évaluer (chef, inspecteur) en lui donnant des objectifs réalistes à court, moyen et long terme). La seconde devrait bénéficier d'une formation avec un collègue chevronné dans un bahut comme celui de Wizzz, histoire qu'elle puisse pécho des trucs et voir le décalage entre les gamins qu'elle a en classe et ceux d'une banlieue animée. Ce petit stage de découverte devrait d'ailleurs être proposé à la première histoire qu'elle puisse enfin se rendre compte de la chance qu'elle a d'être dans ma boutique.
Une autre question qui me vient naturellement à l'esprit (embrumé du CPE du soir); c'est celle de l'évaluation des personnels.
Le système actuel trouve ses limites assez rapidement. On en a déjà parlé là
Je pense effectivement qu'il ne serait pas inconcevable d'être évalué sur des objectifs précis. L'entretien individuel me paraît être un bon commencement de démarche. Si on pousse le raisonnement un peu, on pourrait imaginer une lettre de mission du CE (avec avis de l'inspecteur VieSco ou de spécialité) sur la base d'un diagnostic (fait par nous-mêmes) de notre pratique.
Il s'agirait alors de bosser sur les écarts. Cela reste à creuser. Mais ce sera toujours moins mécanique et artificiel que le système actuel.
Enfin, la dernière question qui m'agite les neurones c'est celle posée par les profils de poste.
Des bahuts "difficiles", ça existe et ça existera toujours. Y arrivent chaque année des néotits qui n'ont parfois jamais vu un gamin depuis les années où ils se trouvaient eux-mêmes sur les bancs de l'école. C'est un passage quasi obligé. Tu commences dans la fonction, tu vas donc en chier.
A mon sens, ces bahuts-là devraient être constitués d'équipes de personnels recrutés sur des profils particuliers pour une durée minimale contractualisée. Se pose la question alors du "comment on les fait venir et rester dans de tels bahuts ?" Promotion plus rapide ? indemnité (une vraie, à la mesure du boulot que ça représente) ?
Bien entendu, des néotits ultra motivés qui aimeraient y venir et y rester devrait pouvoir le faire.
Voilà, c'est tout pour ce soir.
Au fur et à mesure de l'écriture, je me suis posé tout un tas de questions supplémentaires. Là je vais répondre à la dernière qui vient de me chatouiller la caboche : Haut médoc ou Cahors ?
Ce sera Cahors.
A votre santé (pour ceux qui sont restés jusque là)
Tio
wizzz a écrit:Quand on le charisme d'une gaufrette émiettée sous un préau et le QI d'une autruche grabataire, on devrait se faire petit...

Tio- le patron du bistrot
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Date d'inscription: 22/10/2007

Re: Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark...
Alors je te dirais Cahors c'est très bien, mais Marcillac c'est mieux encore. Encore faut-il en trouver, mais bon.
Sinon...
L'IUFM est de toute façon à l'agonie, l'acte de décès a été entériné me semble t'il pour faire basculer la formation vers l'université. Ca ne répond pas précisement à la problématique du collègue à la dérive, ou de la formation des personnels à différents types d'élèves ( On ne travaille pas de la même façon avec Kamel de la rue Youri Gagarine qu'avec Jean Hubert de la résidence des Clôts Fleuris, mais ça encore faut-il que l'institution s'en rende compte ), mais cela prouve qu'une évolution est possible. Et ça c'est révolutionnaire dans l'EN...
C'est idiot peut être, mais je ne démords pas d'une idée simple : seul le terrain est formateur, que ce soit un mini Beyrouth ou un mini Neuilly-Sur-Seine. L'isolement relatif des lauréats du concours par rapport à ce qui se fait en classe est tragique, et lourd de conséquences. Externaliser autant que faire se peut la formation, décharger les tuteurs d'un certain nombre d'heures au profit de l'accompagnement en classe et hors classe des néotitulaires est une priorité vitale.
De cette façon sont rapidement détectés les meilleurs et les pires. Je vais faire du Wizzz : "Une tanche reste une tanche. Quand un type à le charisme d'un bulot et qu'il se fait bouffer dès son dépucelage, il se fera bouffer pour les 30 prochaines années" ( Je le fais bien, hein? ). Ne pouvant exprimer autrement ce postulat que je partage, alors je plagie. Le terrain est révélateur, l'IUFM ne l'est plus. Je ne compte plus les erreurs judiciaires, les bons recalés parce que trop grande gueule ou pas assez institutionnels, les mauvais adoubés parce que très discêts et bien dans le moule intellectuel.
Les professeurs ne sont pas tous égaux face au groupe classe, du fait justement que des élements subjectifs, presque irrationnels, comptent tout autant que la qualité de la formation. Les notions de charisme, d'aura, de rayonnement personnel, la qualité de la communication et la capacité à capter l'attention ne sont hélàs pas des choses qui s'apprennent. Ce ne sont pas non plus des éléments qui s'évaluent. Ce sont pourtant devenus des pièces fondamentales du puzzle qui font d'un collègue un très bon ou un médiocre, au delà du savoir qu'il détient et qu'il dispense.
Toute la problématique posée par l'anecdote de ce délinquent de CPE trouve ses racines, je crois, dans ce terreau là. Un prof nul, c'est l'assurance du carnage pédagogique de générations de gosses qui, sentant une faille dans le système autoritaire et disciplinaire si contraignant de l'EPLE, s'y engouffrent sans se poser de question histoire de passer une heure en compagnie du grand frisson de la rébellion facile, dans la peau du cancre qu'ils auraient toujours voulus être.
Bon maintenant je peux répondre à ma question... 2 ou 5 jours d'exclusion pour X ?
Sinon...
L'IUFM est de toute façon à l'agonie, l'acte de décès a été entériné me semble t'il pour faire basculer la formation vers l'université. Ca ne répond pas précisement à la problématique du collègue à la dérive, ou de la formation des personnels à différents types d'élèves ( On ne travaille pas de la même façon avec Kamel de la rue Youri Gagarine qu'avec Jean Hubert de la résidence des Clôts Fleuris, mais ça encore faut-il que l'institution s'en rende compte ), mais cela prouve qu'une évolution est possible. Et ça c'est révolutionnaire dans l'EN...
C'est idiot peut être, mais je ne démords pas d'une idée simple : seul le terrain est formateur, que ce soit un mini Beyrouth ou un mini Neuilly-Sur-Seine. L'isolement relatif des lauréats du concours par rapport à ce qui se fait en classe est tragique, et lourd de conséquences. Externaliser autant que faire se peut la formation, décharger les tuteurs d'un certain nombre d'heures au profit de l'accompagnement en classe et hors classe des néotitulaires est une priorité vitale.
De cette façon sont rapidement détectés les meilleurs et les pires. Je vais faire du Wizzz : "Une tanche reste une tanche. Quand un type à le charisme d'un bulot et qu'il se fait bouffer dès son dépucelage, il se fera bouffer pour les 30 prochaines années" ( Je le fais bien, hein? ). Ne pouvant exprimer autrement ce postulat que je partage, alors je plagie. Le terrain est révélateur, l'IUFM ne l'est plus. Je ne compte plus les erreurs judiciaires, les bons recalés parce que trop grande gueule ou pas assez institutionnels, les mauvais adoubés parce que très discêts et bien dans le moule intellectuel.
Les professeurs ne sont pas tous égaux face au groupe classe, du fait justement que des élements subjectifs, presque irrationnels, comptent tout autant que la qualité de la formation. Les notions de charisme, d'aura, de rayonnement personnel, la qualité de la communication et la capacité à capter l'attention ne sont hélàs pas des choses qui s'apprennent. Ce ne sont pas non plus des éléments qui s'évaluent. Ce sont pourtant devenus des pièces fondamentales du puzzle qui font d'un collègue un très bon ou un médiocre, au delà du savoir qu'il détient et qu'il dispense.
Toute la problématique posée par l'anecdote de ce délinquent de CPE trouve ses racines, je crois, dans ce terreau là. Un prof nul, c'est l'assurance du carnage pédagogique de générations de gosses qui, sentant une faille dans le système autoritaire et disciplinaire si contraignant de l'EPLE, s'y engouffrent sans se poser de question histoire de passer une heure en compagnie du grand frisson de la rébellion facile, dans la peau du cancre qu'ils auraient toujours voulus être.
Bon maintenant je peux répondre à ma question... 2 ou 5 jours d'exclusion pour X ?
TonCanicheEstSousMonPneu- habitué

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